09/01/2007

Affaire Redeker

Selon Le Parisien, l’auteur des messages appelant au meurtre du professeur de philosophie qui avait publié une tribune polémique, «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?» a été interpellé au Maroc le 19 décembre. Il est intéressant de voir quel est le parcours récent de cet individu: "c'est sous le pseudonyme d'Omar al-Battar, que A.A., âgé d'une vingtaine d'années, avait alors mis en ligne sur un forum Internet jihadiste un appel au meurtre visant l'enseignant. Ce dernier avait immédiatement été placé sous protection policière. Les premières informations fournies par les autorités marocaines et publiées par le quotidien français indiquent que «l'homme a reconnu être l'auteur de ces messages de menace». Une source proche de l'enquête, citée par le journal, évoque par ailleurs le «profil islamiste» de cet homme «arrêté au Maroc, alors qu'il rentrait d'un séjour en Libye effectué fin novembre et qu'il cherchait à rejoindre les rangs du jihad en Irak».

Pour mémoire, l'édito incriminé:

 

Robert Redeker
Le Figaro

Robert Redeker (Philosophe. Professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville. Va publier Dépression et philosophie (éditions Pleins Feux).

"Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein."

11:25 Écrit par Cerber dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Oulala, quel méchant musulman! Ca veut certainement dire que tous les musulmans sont méchants! Est-ce parce qu'un musulman est bête et méchant que tous les musulmans sont bêtes et méchants?

Quelle pitoyable thèse. Dans le genre, je pourrais très bien dire que tout laïque est un génocidaire, puisque la philosophie laïque est la base des deux plus catastrophiques régimes ayant jamais existé (nazisme et communisme).

Écrit par : Wali | 30/01/2007

Je constate que dans ta "réponse", pas un seul mot sur le fait que la tête d'une personne sois mise à prix. Pas un seul mot sur le fait que pour la simple expression de son opinion, on puisse risquer sa vie en Europe. Mais évidemment, le laïus habituel sur les vilains racistes que nous sommes d'oser dénoncer cela.
Pitoyable, comme tu le dis si bien.

Écrit par : Olivier | 12/02/2007

Bien entendu que l'appel au meurtre, tout comme le meurtre, sont condamnables.
Mais bon... Ce n'est pas parce qu'une mère a tué ses cinq enfants hier que le législateur doit retirer immédiatement la garde à toutes les mères belges...

Bref: que l'on punisse des individus, oui. Que l'on pénalise toute une communauté, non.

Écrit par : Wali | 01/03/2007

cocktail explosif On ne sert pas le poisson avec une sauce au chocolat, ni le sorbet à la framboise nappé de vinaigrette.
On ne devrait pas non plus mélanger les races et les idéologies.
Quel bonheur si tout le monde restrait chez soi sans convoiter ou jalouser autrui.
Les européens en Europe, les africains en Afrique, les musulmans dans leurs pays respectifs etc....
On devrait limiter nos rapports à des rapports commerciaux, échanges scientifiques etc..tout ce qui permet à l'homme d'évoluer positivement et abolir toutes querelles doctrinales, idéologiques, religieuses et j'en passe.
C'est excitant, non ???

Écrit par : Torahyan | 15/09/2007

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